Une société en chute libre disséquée par Stravinsky dans une oeuvre sublime, vertigineuse.
En découvrant des gravures de Hogarth, cruelles, humaines, implacables, Stravinsky y lit la démesure, la chute, le vertige moral d'une société qui se transforme. Elles deviennent la matrice d'un langage musical affûté comme un scalpel, tendu entre le grotesque et le sublime. Le livret d'Auden et Kallman capte la violence sourde des illusions perdues et le rythme d'une ville où tout peut basculer. Bien plus qu'un récit moral, c'est une parabole lucide sur nos fragilités, un conte où l'humour et l'ombre se disputent chaque mesure. La partition revisite Mozart avec une précision jubilatoire, en détourne les codes et transforme l'hommage en manifeste d'indépendance.